La chorale, le plus bel instrument de musique …
C’est la définition que je donne d’une chorale ou d’un ensemble vocal, instrument le plus naturel et le plus diversifié, aucune voix n’ayant exactement le même timbre.
Instrument supérieur car l’art qui consiste à se servir de sa voix s’appelle le chant, et la supériorité du chant sur les autres instruments c’est la parole.
Mais cette supériorité de la parole est aussi une très grande difficulté : savoir se faire comprendre.
Le chant est avec la danse une émanation spontanée de l’homme. L’enfant chante avant de savoir parler, c’est en chantant que les prophètes ont fixé l’écriture Sainte. C’est le chant qui unit les familles, les peuples dans les grandes circonstances de la vie.
Chanter c’est aimer, c‘est aimer la vie, c‘est aimer partager jusqu’au plus intime de ses sentiments.
Louis GROLET
Louis Grolet
On peut dire de Louis Grolet que la musique fut sa raison de vivre.
Il naît le 14 juillet 1924 à Saint-Rambert-sur-Loire où son père, légiste, d’origine auvergnate, s’est établi. Peut-être est-ce sa mère, pianiste, qui a favorisé très tôt ses dispositions puisqu’à 8 ans il entre au conservatoire de St-Etienne. Il apprend à jouer du violon pendant 7 ans puis du piano (qu’il préférait) et encore du tuba mais surtout il va chanter.
En 1943, il a 19 ans. Il s’engage pour la France. Il joue de la musique dans les chasseurs alpins. En Allemagne, il joue encore de la musique. Il revient en France en 1945, retrouve le conservatoire, et obtient deux premiers prix. La même année : celui du chant et celui de déclamation lyrique (opéra). Il part à Paris suivre les cours du maître Charles Panzera (appelé aussi le maître de la chanson française). Il partage son temps entre Paris et St-Etienne. De 1951 à 1962, il est membre du jury de la classe de chant et déclamation lyrique. Il fréquente également les « Tréteaux de Notre-Dame » où l’on joue les opérettes de l’abbé Dorna.
Après son mariage à St-Etienne en 1951, ses fonctions de cadre dans l’entreprise Dulac-Déménagement lui laissent le temps de chanter à la chorale de Notre-Dame. Quand celle-ci arrête ses activités, il rejoint en 1962 la chorale des Amis Réunis d’abord comme chanteur puis comme chef de chœur en 1971.
Cependant, il rêve de fonder un groupe à Saint-Rambert où il réside. Avec le soutien du maire Monsieur Chapelon, la Chorale de Saint-Rambert voit le jour en 1970. Et ce sera SA chorale, son plus bel instrument de musique, une équipe de 80 personnes liées par une solide amitié. Le répertoire varié mêlant classique et contemporain conquit bien vite le public et même au-delà : Monaco, la Roumanie, l’Espagne…
Louis Grolet, autoritaire comme un capitaine, savait créer l’ambiance : son goût pour la fête l’emmenait toujours plus loin. Rassembleur, il voulait que son entourage vive intensément sa passion. Le secret de sa vitalité résidait peut-être dans son bonheur familial. C’est ainsi qu’il soutint et encouragea son épouse quand elle créa en 1998 avec quelques acteurs des « comédiens du masque » la compagnie théâtrale « la Marotte ».
L’heure de la retraite sonne en 1982 mais il ne reste pas inactif. Il est élu au Conseil Municipal en 1983. Deux mandats durant lesquels il sera responsable de la circulation et de la culture. Sa disponibilité et son sens de l’écoute lui font accepter le poste de médiateur. Des missions de commissaire enquêteur lui sont également confiées par la préfecture.
Louis Grolet, c’était un sourire charmeur, des yeux rieurs et de belles mains expressives quand il conduisait ses choristes. Son décès brutal au cours d’une répétition laissa ses amis désemparés. Prémonition ? En décembre 1998, alors que Madame M.. arrangeait un bouquet dans l’église de Saint-Rambert et lui confiait qu’elle aimerait mourir au milieu des fleurs, il lui répondit que lui aussi aimerait partir en dirigeant sa chorale et il ajoutait « ce serait mon plus grand bonheur ».
Ses fils Frédéric et Jean-Pierre ont repris le flambeau. La chorale nous enchantera encore longtemps.
Souvenirs recueillis en juin 2004 auprès de son épouse (Page 39)
Voir aussi l’article « Allez les Verts » a résonné à Geoffroy-Guichard avant le tube de Monty



